LA MORT DE "BIDULE"

 

 

Bidule était un brave mulet, involontaire mais précieux compagnon des maquisards de la région de Bellegarde, affecté au transport de charges diverses. L'action se déroule pendant l'été 1944, au moment où l'Armée Secrète avait été obligée de se replier sur les hauteurs après avoir combattu au Fort l'écluse et à Bellegarde, cédant devant les effectifs importants de la Wehrmacht et un armement infiniment supérieur au sien.

Bidule, lassé sans doute de cette vie vagabonde et pénible autant que périlleuse, décide de prendre la poudre d'escampette et de regagner la ville. Bidule déserteur! Monsieur Avignant, transporteur de son état et donc utilisateur de chevaux ne manque pas de repérer cet animal errant dans les rues.

En attendant de connaître son propriétaire, il l'enferme dans une remise en bois servant d'écurie, située rue Parmentier. Mais Bidule, habitué maintenant au grand air des montagnes, n'apprécie pas d'être enfermé dans ce qui lui semble être une prison. Il se fâche et le manifeste en lançant de violentes ruades contre les parois.

C’est alors que passe tout près la patrouille allemande qui circule sans cesse dans les rues de la ville. Il faut savoir que la crainte d'une attaque surprise toujours possible rend l'occupant très nerveux. Ce vacarme soudain est-il un attentat ou une embuscade ? Aussitôt nos guerriers vert-de-gris arrosent la baraque d'un tir nourri de leurs mitraillettes.

C'est ainsi que "Bidule", mulet maquisard, trouva une mort, certes sans gloire, mais qui eut au moins le mérite de ridiculiser nos farouches teutons.


Jean MARINET