Option page plein écran : cliquer pour accès à la commande LES DÉBUTS DE LA RÉSISTANCE Marcel ROSETTE 1940, la Résistance naît au lycée Lalande Juin 1940. C’est la capitulation. Mon père, mauricien d’origine et donc citoyen britannique, connaît l’anglais et écoute la BBC à radio Londres. Le 18 juin, il entend et approuve l’appel du général De Gaulle. Arrive juillet, les vacances. Par un décret de Pétain, mon père, médecin de campagne à Chavannes-s-Suran, est déchu de la nationalité française avec interdiction d’exercer son métier. Profond émoi à Chavannes et dans les villages environnants. Une pétition se couvre de signatures. Le Préfet de Pétain finit par céder devant l’opinion publique. La Résistance vient de commencer dans la région. C’est dans ces conditions qu’en octobre je rentre en 3° au lycée ; je n’ai pas encore 15 ans. Quelle ambiance dans le "bahut" ! Le gouvernement vichyste étrangle la laicité. Le ministre de l’enseignement parle d’installer des crucifix dans chaque classe. Les professeurs sont au diapason de l’ensemble des français… ils espèrent malgré tout que Pétain servira de bouclier face à Hitler. Que faire alors si ce n’est, discuter, chercher, détecter des sympathies pour la Résistance ? Tout commence par des gestes puérils. A quelques uns nous volons des craies et inscrivons sur les murs et les tableaux : " VDG " (vive De Gaulle). En lettres majuscules manuscrites nous fabriquons de courts tracts avec… "Notre De Gaulle qui êtes à Londres…". A la fin de 1940, je fais la connaissance de Paul PIODA qui tient un magasin sur le chemin du lycée. Paul PIODA deviendra une grande figure de la Résistance à Bourg et dans l’Ain et ne reviendra pas de déportation. Grâce à lui, j’introduis au lycée des photos du général De Gaulle (en tenue de Colonel). Mon voisin de classe, Pierre FIGUET, est mon premier preneur. Petit à petit le climat change. Au fur et à mesure des professeurs affirment leur sympathie pour la Résistance, tels MM. GARET, MERLE, MANDOUZE, COCHET… Dès l’été 1941 nous commençons la diffusion des journaux : "Libération", "Combat , "Franc-Tireur". Par contre, à partir d’octobre on nous octroie un professeur d’ "ordre moral", Mr JOLYON, chargé de la propagande pour Pétain. Le lundi matin et le samedi à midi, dans la cour d’honneur, nous devons assister au lever et à la descente du drapeau en chantant : "Maréchal nous voilà…". Nous remplacions alors maréchal par général et cherchions ainsi de nouveaux adeptes. En novembre 1941, Paul MILLET, originaire lui aussi de Chavannes, diffuse dans sa classe un texte où le maréchal FOCH critiquait le comportement de Pétain en1918… exclusion du lycée durant un mois ! Puis, en 1942, avec les élèves instituteurs transférés au lycée, c’est la création de la première organisation de Résistance, les FUJ. Le 13 septembre, Pétain vient à Bourg. Après une messe à Notre-Dame dite par l’évêque de Belley, il arrive au Champs de Mars où il y a foule pour l’acclamer. Avec quelques copains nous essayons de manifester mais nous renonçons vite… tant les bressans sont encore nombreux derrière le maréchal. Mais cela n’empêche pas notre classe, en défilant dans les rues de Bourg pour aller au stade, de chanter, à l’initiative de notre professeur d’éducation physique, Marcel COCHET : "Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine…" à la barbe des soldats de la Wehrmacht. Parce que la Résistance a commencé dès 1940 avec des hommes et des femmes en petit nombre mais déterminés, avec de faibles moyens mais inventifs, elle va alors s’amplifier et s’élargir partout, au lycée, à Bourg, dans l’Ain. Le 15 mars 1943, avec Paul PIODA, nous organisons à la gare, devant le siège de la Gestapo situé à l’Hôtel Terminus, une manifestation contre le départ du premier convoi de jeunes STO en Allemagne. Certains s’échapperont. Ensuite, organisé à l’AS, je passe mes vacances d’été comme agent de liaison entre le maquis de Chavannes et le PC du commandant ROMANS. Enfin, jusqu’à la Libération, je termine mon engagement dans la Résistance au Ier Bataillon FTP. Résister, c’était en même temps dire NON à l’oppression, rêver à un autre avenir et agir pour y parvenir.
Marcel ROSETTE Médaille de la Résistance, Chevalier de la Légion d’HonneurRetour vers haut de page 
Date de création : 04/03/2006 @ 09:01
Dernière modification : 24/07/2007 @ 09:59
Catégorie : 04. La Résistance des lycéens
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